Vingt-quatrième Partie (2): Akela

le

Salut les amis(es), 

Je suis de retour après une absence d’un peu plus d’un an. Merci d’être là. 

L’auteure

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Effectivement, elle en a parlé à Ousmane. Cependant celui-ci est beaucoup plus affecté par la perte du bébé que par ce qu’a subi sa compagne.
Ah les hommes ! Ken sera toujours aussi surprise par leur attitude face à l’adversité.
Rares sont ces hommes qui ne fuient pas. Rares sont ces hommes qui épaulent leur dulcinée dans ces moments de douleur et de tristesse.

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Sénégal 

Je suis revenue à Dakar, il y ‘a un an. Quelques jours après la perte de mon deuxième enfant, Ousmane, m’a jetée comme une malpropre.

Je m’y attendais.

En fait, une partie de moi savait que tôt ou il me laisserait. Ne suis je pas Ken Bougoul- Celle que personne n’aime- ?

Personne sur cette terre ne soucie de moi, ne s’occupe de ce que je ressens, ni de ce que je pense.

Je suis seulement un objet entre les mains des hommes, et un défouloir pour les femmes.

Peut-être aussi que je le mérite. Après tant d’années, d’errance et de souffrance, je suis encore au point mort. A 37 ans, je ressemble plus à une loque humaine qu’à autre chose.

Ousmane Barry, m’a utilisée pour oublier celle qu’il a toujours aimé: Assy (mon ancienne meilleure amie.

Il l’a cherché encore et encore en moi. En vain ! Je ne suis pas Assiètou, je ne sais même plus qui je suis en réalité.

Dans mon errance psychologique, j’ai perdu de ma superbe, je ne suis plus moi-même.

Physiquement, je ne ressemble plus à rien. Les hommes me regardent avec pitié ou dédain. Les femmes me toisent et les enfants, me rient au nez.

J’ai été au tribunal, pour les papiers du divorce. Mon mariage avec Benjamin est parti en lambeaux. Déchiqueté par les mensonges, mais aussi par la rage de Farimata Seck.

Celle-ci a eu finalement ce qu’elle voulait tant. Dissoudre mon existence, dans le venin de sa vengeance. Toutefois, sa méchanceté l’a coûtée très chère. Atteinte du VIH, elle souffre seule dans son coin. Sans amis, sans famille.

Quelle vie maudite ! A la fin, on est pas très différentes elle et moi. Je ne suis pas peut-être animée par un esprit revanchard mais j’ai commis des actes regrettables.

Ceux-ci me poursuivent encore. Cependant, Farimata, elle, n’a jamais baissé les bras. Même en étant souffrante, elle a continué à me persécuter. J’en parle de manière détachée car aujourd’hui, j’ai cessé de pleurnicher sur mon sort. Je suis devenue froide et sévère.

Fari est comme mon étoile contraire. Nous sommes liées, par quelque chose d’inexplicable.

Quelque chose qui dépasse l’entendement.

J’ai découvert par le plus grand des hasards que Akela, le fils de Fari est l’instituteur à domicile de Babou, le fils que j’ai Benjamin.

Si ce n’est pas la Destinée, je ne sais pas ce que c’est.

Akela est un jeune homme très discret et très précoce pour son âge (il est à peine majeur). Je l’ai aperçu l’autre jour (le vendredi dernier). Il revenait de chez Ben.

 Babou est en classe de CP. Les démarches administratives et juridiques ont fait que je n’ai pas encore la garde de mon unique enfant. La seule attache qui me reste sur cette terre.

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Depuis qu’Akela l’a traité de lesbienne, Alejandra, a pris ses distances avec le jeune homme.

Ce dernier, torturé par ce changement de comportement de la brésilienne, se pose de nombreuses questions.

-Suis-je attiré par Alex ? marmonne-t-il doucement. Face à l’océan atlantique, le jeune homme est perdu dans ses pensées. D’Alex à Aline (sa sœur) en passant par Fari (sa mère) et Diaba (sa maman adoptive), il ne sait plus où donner de la tête.

Sa dernière rencontre avec sa mère biologique a été un tournent dans sa vie. Ils se sont disputés jusqu’en en venir aux mains.

Eh oui! Akela en est arrivé là avec Fari.

Les remords lui serrent à la gorge et l’étouffe. Il peine parfois à respirer correctement à cause de cette boule de terreur qui l’empêche même de manger.

Ses notes ont chuté, il ne dors presque plus… Le seul rayon de soleil qui le fait vivre et garder l’espoir lui vient de son élève le petit Babou. Cet enfant est comme le petit frère qu’il n’a jamais eu. Le garçonnet est attaché à Akela. Depuis que ce dernier est rentré dans sa vie, ils sont devenus les meilleurs potes au monde. C’est incroyable et inexplicable. Akela ne peut rester deux jours sans se rendre chez le père de Babou. L’enfant voit en l’adolescent un grand frère, un mentor, un modèle.

Mais, Il y a 7 mois jour pour jour, Fari téléphonait à son fils:

-Allôôôô… disait-elle en haletant l’air effrayée. Akela…

-Allô, oui… Qui est à l’appareil ?

-Akela, mon enfant… C’est Farimata…

Le sang du garçon ne fit alors, qu’un tour. Il frissonna, le cœur serré. Il ne connait aucune personne portant ce prénom; sinon celle qui lui a donné la vie.

Fari avait monté son plan démoniaque de A à Z. Elle demanda à son fils de la rejoindre incessamment à l’hôtel King Fahd. Elle disait détenir une information cruciale qui leur serait utile à lui et à sa sœur jumelle.

Akela refusa. Il ne voulait absolument pas voir Farimata.

Toutefois, le jeune homme ne savait pas combien, déterminée, était sa mère. Elle allait insister. Pendant une semaine, elle harcela Akela. Le bombardant d’appels, le suivant même dans la rue, sur le chemin de l’université, à la plage, au sortir de la moquée… Farimata était devenue omniprésente. Akela se demandait comment sa mère faisait pour être partout où il allait.

Quelle ironie ! Fari avait disparu pendant l’enfance et une bonne partie de l’adolescence de sa progéniture. Aujourd’hui, elle se pointe à chaque coins de rue comme si rien ne s’était passé. Akela en voulait à sa père et à son père biologiques. Ils ne savent pas quelle vie leurs enfants ont menés depuis leur naissance, il y a plus de 18 ans en Casamance… Leur mère adoptive, Diaba, a fait de son mieux. Elle vendait des fruits au marché du village, pour nourrir, blanchir, habiller et envoyer les jumeaux à l’école.

Elle avait néanmoins un côté sadique. Quoi que l’on puisse dire. Elle les a élevés à la dure tels de petits soldats. A la moindre caprice, Aline et Akela se faisait corriger à la chicote. Aline en a gardé quelques cicatrices, sur l’épaule gauche. Elle était la plus têtue donc, elle recevait plus de coups.

Akela a été marqué plus par les paroles blessantes que sa maman Diaba proférait à leur égard lorsqu’elle revenait du marché bredouille avec quelques pièces de monnaies.

Diaba était nerveuse, sadique et sévère mais elle aimait les jumeaux. A sa manière…

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Perturbé par Farimata, Akela, se voyait dos au mur. Il avait filtré tous les numéros de téléphone avec lesquels Fari l’appelait mais, elle trouvait toujours un moyen de communiquer avec lui.

Elle lui a envoyé une tonne de mails, de messages sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, Twitter… Elle était complètement déchaînée. Akela comprenait pourquoi Diaba qualifiait Farimata de « sorcière sans cœur ».

Diaba n’a jamais pardonné l’acte de Fari. Elle n’oubliera jamais comment sa cousine avait détourné le regard quand la sage-femme lui avait présenté Aline, quelques minutes seulement après l’accouchement.

Akela se demandait ce sa mère avait de si important à lui dire après tant d’années.
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Merci d’avoir lu. Vous pouvez laisser vos impressions en commentaire. Bisou ! 

Rokhaya

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